Analyse du documentaire « Goldman Sachs, la banque qui dirige le monde »

 

Analyse du documentaire Goldman Sachs, la banque qui dirige le monde

Morgane BRADAIA

Dans ce documentaire ARTE de 2013, Marc Roche et Jérôme Fritel se penchent sur le cas de la banque Goldman Sachs qui incarne d’après eux, quelques années après la crise des subprimes, les excès et dérives de la spéculation financière et « la confiscation du pouvoir par les banquiers ».

Cet article a été rédigé par Morgane BRADAIA (ESSEC Business School, Master in Management, 2022).

« Les gouvernements passent, mais Goldman reste »

Goldman Sachs est une banque d’affaire. Elle ne travaille pas avec des particuliers mais avec des entreprises, des institutions financières et des États. Dans les années 2000, deux gros changements opèrent : d’une part, les banques d’affaires recrutent des mathématiciens, dont la mission est de calculer un prix pour les produits financiers et de spéculer sur ces produits, et d’autre part, la banque commence à spéculer pour son propre compte et parfois contre les intérêts de ses clients.

Le scandale Abacus : scandale qui a éclaté lors de la crise des subprimes concernant les produits financiers Abacus fabriqués et commercialisés par Goldman Sachs. Ces produits étaient un assemblage de prêts immobiliers risqués que Goldman Sachs a vendu à ses clients en 2007 tout en spéculant à la baisse sur ceux-ci. Six mois plus tard, la valeur du produit s’est effondrée, les clients perdant ainsi leur investissement (d’un montant total de 750 millions d’euros). Goldman Sachs touche une commission en tant qu’intermédiaire de la transaction, puis le résultat de ses paris en tant que joueur. Cette pratique a entraîné plusieurs faillites dont celle d’IKB, une banque allemande nationalisée depuis.

Les suites de la crise : il est aujourd’hui clair que Goldman Sachs a une part de responsabilité dans la crise de 2008, mais aussi dans le camouflage de la dette grecque, dans la crise de l’euro et dans de nombreuses faillites. Le documentaire détaille le réseau d’influence de la « Firme » qui s’est déployé outre-Atlantique après à la crise, réseau constitué de banquiers, mais aussi de régulateurs, d’économistes, de leaders politiques et de journalistes spécialisés. Pour en savoir plus : Grèce : dix ans après la crise de la dette, le spectre d’une nouvelle récession (AFP pour la Tribune, Mai 2020).

Pour Simon Johnson, ex-économiste en chef du FMI, Goldman Sachs fait partie d’un système nuisible pour la société américaine, pour la démocratie, et pour l’économie mondiale. Il défend le fait que le monde n’a pas besoin de banques de cette taille et appelle à ce que les banques plus petites redeviennent la norme.

Les concepts liés au documentaire

• Banque d’affaires : banque ayant pour principales activités la prise de participation dans des sociétés, le conseil en opérations financières de haut de bilan (fusions acquisitions, introduction en bourse, levée de fonds, etc.) et le conseil en gestion des risques (stratégies à base de produits dérivés). Les clients d’une banque d’affaires sont des entreprises ou des institutionnels (banques, compagnies d’assurance, fonds de pension, etc.).

• La spéculation financière : action de prévoir les fluctuations du prix d’un ou de plusieurs actifs, et ensuite d’effectuer un achat ou une vente, afin de réaliser un profit sur la base des prévisions. On parle de spéculation financière lorsque ces opérations d’achat ou de vente portent sur les fluctuations du cours des actifs financiers (actions, créances, contrats).

• Le trading haute fréquence (high frequency trading) : stratégies de trading caractérisées par des prises de positions sur les marchés financiers pendant des périodes de très courte durée (moins d’une seconde par exemple). Ces stratégies utilisent de façon intensive des programmes informatiques (algorithmes) pour déterminer les règles d’achat et de vente de titres. Le trading à haute fréquence s’est beaucoup développé et est devenu en termes de volume de transaction sur les marchés financiers.

• La finance folle : qualifie l’ensemble des « dérives » liées à la finance et la spéculation financière. Pour en savoir plus : Quand la finance folle disjonctera (Les Echos, Mars 2016)

Pourquoi regarder ce documentaire ?

Trois raisons pour regarder le documentaire Goldman Sachs, la banque qui dirige le monde :

  • Un documentaire dans la continuité de Inside Job
  • Pour bien comprendre les mécanismes de la crise de la dette grecque
  • Pour connaître un exemple parfait d’une banque « Too Big To Fail »

Voir le documentaire Goldman Sachs, la banque qui dirige le monde

Article rédigé par Morgane BRADAIA (ESSEC Business School, Master in Management, 2022)

This entry was posted in Contributeurs, Culture. Bookmark the permalink.

Leave a Reply

Your email address will not be published.

*

code