Tout est bon dans le cochon…

 

Note de marchés de Jean-Marie Choffray

« True individual freedom cannot exist without economic security and independence. People who are hungry and out of a job are the stuff of which dictatorships are made. » F. D. Roosevelt.

En cette période de grand déballage médiatique et de retour sur le passé de certains membres de l’élite politique européenne, on voit refleurir, au détour de diverses manifestations, des banderoles sur ces « Cochons de capitalistes ». Comme si le capitalisme, au sens « Free private enterprise exchange economy », cher à Milton Friedman, était seul responsable – en supposant qu’il le fut ! –, de l’état actuel du monde.

« Ô ministres intègres, conseillers vertueux, voilà votre façon de servir, serviteurs qui pillez la maison… » (Victor Hugo, Ruy Blas, 1838). Le moment est décidément bien choisi pour relire « Capitalism and freedom », sans doute le livre d’économie le plus utile aujourd’hui. Sa traduction française, éditée par Stéphane Leduc, et préfacée par André Fourçans, vous en facilitera l’accès. Paru pour la première fois en 1962, c’est un des ouvrages clés de la pensée économique. Milton Friedman, prix Nobel, y défend la liberté économique comme condition nécessaire à toute liberté politique. Il y présente sa vision du libéralisme. Son analyse et les conséquences qu’il en tire sont plus que jamais d’actualité. « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes » disait Bossuet…

Ainsi, quelques « perles » à méditer :

  • « Only a crisis produces real changes… Our basic function is to develop alternatives… until the politically impossible becomes politically inevitable. »
  • « The typical state of mankind is tyranny, servitude, and misery. »
  • « Markets permit co-operation without conformity. »
  • « A society which is socialist cannot also be democratic. »
  • « History suggests that capitalism is a necessary condition for political freedom. »
  • « The role of government is to do something that the market cannot do for itself, namely, to determine, arbitrate, and enforce the rules of the game. »
  • « What we urgently need for both economic stability and growth is a reduction of government intervention not an increase. »
  • « A democratic society is impossible without a minimum degree of literacy and knowledge on the part of most citizens. »
  • « Concentrated power is not rendered harmless by the good intentions of those who create it. »
  • « The invisible hand has been more potent for progress than the visible hand for retrogression. »
  • « Free institutions offer a surer, if perhaps at times slower, route to the ends men seek than the coercive power of the state. »

Encore faut-il, bien sûr, que l’on décide de faire usage de la liberté que nous procurent les marchés… Décidément, ma grand-mère avait raison : « Tout est bon dans le cochon ! »

 

Note : cette Note de marchés ne peut, ni ne doit, être considérée comme formulant, ou suggérant, le moindre conseil d’achat ou de vente de quelque produit financier que ce soit. Son seul objet est d’émettre un point de vue, et de le partager avec la communauté des investisseurs sceptiques, seuls responsables de leurs décisions.

 

Jean-Marie Choffray

Professeur de marketing à l’ESSEC et à l’Université de Liège

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